En regardant par la fenêtre, soudain, mes pensées se font caméléon. Elles deviennent neigeuses, elles cristallisent et me voici, selon l'heure du jour, attentive aux corneilles tournoyantes ou ancrées dans leurs hautes branches. Il neige et il neige, matin et soir, de la neige parmi les corneilles, ces vieilles criailleuses.

Cette neige commence à m'oppresser et pourtant elle procède de la beauté absolue ; il s'y inscrit des scintillements de perfection géométrique et, dessous le blanc, il y a comme du cristal, luxe par excellence, juste le temps d'une suite d'instants. Elle est belle comme la mort - paradoxe - la mort n'est pas belle.

La neige se pose, se couche sur la terre, je voudrais avoir envie de la manger, de m'y rouler, d'y rougir, d'y brûler...Ah ! "Les neiges d'antan" !! Mais je n'ai pas envie. Entre elle et moi s'interpose la vitre de ma fenêtre. Je ne veux pas qu'elle pénètre chez moi ni en moi. Je veux juste la regarder descendre se poser, et accepter qu'en cet instant elle m'inspire des pensées  esthétisantes et glacées.

Aujourd'hui, à mes yeux, la beauté absolue est déprimante mais, au moins, elle m'a aidée à écrire très vite ce billet.

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P.S. je ne suis pas sortie photographier les corneilles...c'est vous dire que j'ai préféré rester immobile à écrire mentalement des petites choses éphémères sur la neige (plutôt que de manipuler des poignées de portes, des boutons d'ascenseur, des touches et autre molette d'apn.)
30/1/10  les 2 photos sont d'un autre jour.

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